01 juin 2011

Bach le magnifique, à Lascombes

Un concert final éclatant dans les chais du Château Lascombes Photo JDM-MMT

Un concert final éclatant dans les chais du Château Lascombes Photo JDM-MMT

L’hommage à Jean-Sébastien Bach constituait le grandiose final de la saison de Musique au Coeur du Médoc, samedi 14 mai.

L’immense chai est comble. Le public qui l’a investi et qui a encore en mémoire la prestation de l’année dernière, le Requiem de Mozart, se délecte à l’avance. Il ne sera pas déçu. L’orchestre de chambre de Poznan qui ouvre le concert avec la Suite en ré majeur, est remarquable et l’on se régale de suivre, sans la partition, ce « tube » du génial musicien. Ampleur de l’ouverture se transformant en fugue, paix lumineuse du second mouvement, semblable à un adagio, joie simple de la Gavotte, fougueuse Bourrée, entraînante Gigue.
Sous la baguette de l’excellent chef, Jacques Pési, prix de la Villa Médicis, qui sait laisser à Orchestra Nova l’espace qui lui convient pour s’épanouir, cordes, trompettes, hautbois, flûtes et timbales tissent la résille sonore qui va emprisonner l’auditoire et le livrer au retentissant Magnificat, après que les solistes, et particulièrement la mezzo-soprano aient rivalisé dans les difficultés vocales des deux cantates.
Le Magnificat, à la puissance impressionnante, véritable hommage à Dieu et à la musique. L’ensemble vocal Bordeaux-Médoc, auquel des membres du Choeur Chorales en Charente sont venus prêter voix forte, réalise une prouesse. Ils ont travaillé de longues heures avec leur charisme chef, Annette Ginestet, pour atteindre cette rigueur, cette précision dans l’attaque comme dans les nuances. Le hautbois d’amour déroule ses douces harmonies, les violons halètent, les trompettes éclatent, les timbales tonnent, parfois quelques notes aux curieuses sonorités d’orgue rappellent que nous sommes en 1733.
Aimez-vous Bach ? Alors c’est à Margaux qu’il fallait être pour vous persuader, s’il en était besoin que « la substance de son art est si prodigieuse que chaque artiste doit tenter d’en pénétrer ses mystères sans crainte de jamais parvenir à les résoudre ».
Michèle MORLAN-TARDAT
Le Journal du Médoc
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